10 mars 2026 à 07:47
Alors que le conflit au Proche-Orient fait flirter le litre de gazole avec les deux euros, Erlé Boulaire, président de la Capeb 22, tire la sonnette d’alarme. Entre contrats bloqués et explosion des coûts de transport, l’artisanat breton traverse une zone de fortes turbulences
La guerre en Iran est un choc financier brutal pour les entreprises : voilà comment Erlé Boulaire, le président de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) des Côtes-d’Armor, décrit une situation critique pour les 1.200 entreprises qu’il représente. Avec un gazole passé de 1,62 euro à plus de 2 euros en seulement une semaine, les professionnels subissent cette hausse “de plein fouet” dans un contexte économique déjà tendu. Pour un simple utilitaire, le surcoût atteint environ 40 euros par plein chaque semaine, une charge intenable pour les véhicules de chantier plus gourmands, particulièrement dans un département où “les transports en commun sont extrêmement limités” pour acheminer les équipes.
Des marges en péril et une alerte à la préfecture
Le danger est immédiat car les marchés déjà signés, sans “clause de revoyure” possible, ne permettent pas de répercuter ces frais de transport. “C’est notre marge à nous qui fond à vue d’œil“, déplore Erlé Boulaire. Et il prévient que les futurs devis devront obligatoirement augmenter car les artisans ne sont pas des “philanthropes“. Face à cette urgence, qui frappe aussi lourdement les travaux publics avec un gazole non routier ayant bondi de 50 centimes, une alerte concrète a été adressée au préfet des Côtes-d’Armor pour “tirer la sonnette d’alarme”.